Mot du président

Jamal Belahrach

A l’heure où Sa majesté le Roi Mohammed VI nous a invité à réfléchir sur notre capital immatériel et notre capacité à mettre en place un système de redistribution équitable des richesses, quoi de plus normal que de nous engager tous dans le débat sur l’éducation de nos enfants pour « fabriquer » ces générations futures qui feront le Maroc de demain.

En effet, le constat sur notre système éducatif est accablant et par conséquent nous devons tous faire montre de responsabilité et d’engagement pour initier ce virage politique concernant les questions posées sur notre modèle d’éducation.

Tout le monde s’accorde à dire que notre chaîne éducative connaît des ruptures destructrices de valeurs et compte des défaillances concernant son investissement dans la petite enfance et donc dans le préscolaire.

Nous savons tous que le développement de la petite enfance représente le fondement de tout développement humain et développement économique de toute société qui souhaite assurer un témoin de passation entre les générations.

Comment pouvons-nous donc accepter, l’état ou le non état de notre éducation préscolaire avec les conséquences dramatiques que cela a sur le développement de la personnalité de nos enfants ?

À peines 58 % de nos enfants sont pré scolarisés et osons le dire ; la majorité dans le secteur privé.
Faut-il rappeler ici, que l’éducation est une mission régalienne et ne saurait être totalement sous-traitée au secteur privé pour assurer une égalité des chances ô combien nécessaire dans notre pays.

À peine 25% de nos filles dans le rural sont préscolarisées. Est-ce acceptable pour un pays qui souhaite rejoindre les pays émergents ?
L’heure n’est plus au diagnostic car ils sont nombreux et de différents sources, mais bien à l’action pour éviter de sacrifier des générations encore…

L’invitation de Sa Majesté le Roi Mohammed VI à réfléchir sur notre capital immatériel est un appel fait à tous, pour nous atteler à la tâche afin de donner une nouvelle forme et impulser une dynamique à notre écosystème éducatif, le tout, dans un consensus qui va au-delà des chapelles dogmatiques.

La Fondation Zakoura, que j’ai le plaisir de présider aujourd’hui, a été pionnière sur ces questions d’éducation, et particulièrement en initiant la mise en œuvre d’écoles non formelles pour amorcer une véritable généralisation de l’éducation de notre pays.

Le Maroc a déjà considérablement étendu la scolarisation et nous devons encore développer une chaîne éducative en s’investissant notamment sur les fondements de la scolarisation à savoir la petite enfance et donc le préscolaire.
Aider à fabriquer des générations qui réfléchissent, qui développent leur savoir être, leur esprit critique, libérer les énergies et les talents, doivent être nos ambitions à tous pour développer une nation créatrice de richesses immatérielles dans le nouveau siècle.